C’est au cours de sa séance de travail de ce Jeudi, 25 mai 20203 dans la Salle de réunion de la GIZ (Coopération Allemande) à Goma que le Groupe de Travail sur la lutte contre le Discours de Haine (GTDH) au Nord-Kivu a accueilli officiellement Colibri Multiservices « COMUS » en sigle comme nouveau membre. Par la même occasion, les représentants des organisations membres de ce groupe présent à cette réunion ont confié à COMUS la mission d’élaborer un plan de travail pour le volet Formation – Apprentissage – échange d’expériences, l’un des axes inscrits au programme de travail du Groupe.
En effet, le Groupe de Travail sur la lutte contre le Discours de Haine au Nord-Kivu, est un cadre de concertation qui a été mis en place à la suite d’un atelier qui a été organisé à Goma, le 30 Aout 2022 par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) en collaboration avec la GIZ. L’atelier avait mobilisé une dizaine d’organisations nationales et internationales spécialisées dans le domaine de la lutte contre les discours de haine. Il s’agit d’une démarche qui visait à mobiliser les acteurs de la société civile et ceux du secteur public ainsi que les médias afin de réfléchir ensemble sur les actions possibles à mettre en œuvre pour contraindre les discours de haine et la désinformation qui prennent de plus en plus de l’ampleur dans la région des Grands Lacs et plus particulièrement dans les provinces du Nord et Sud-Kivu. Le GTDH a ainsi pour mandat, de promouvoir la coordination et les échanges d’expériences entre organisations spécialisées, de renforcer les synergies pour la conduite d’actions collectives en matière notamment de recherche et de plaidoyer dans le cadre de la lutte contre le discours de haine et la désinformation et d’identifier des pistes d’actions innovantes pour la formulation de nouveaux projets de lutte contre les discours de haine qui viendront en appui aux programmes de stabilisation dans l’Est de la RDC.
Au sujet de la mission qui a été confiée à COMUS, il s’agit d’une action qui cible particulièrement les membres du Groupe. Le plan de travail à proposer par COMUS va permettre au Groupe de servir également comme un espace d’apprentissage commun et d’échange d’expériences entre les organisations membres. Il s’agit plus concrètement d’établir un plan de formation selon les besoins et compétences des membres pour faire en sorte que des séances de renforcement des capacités ou d’échange soient organisées régulièrement sur des sujets spécifiques tels que définis par le groupe. C’est par exemple des séances de formation et d’échanges sur la surveillance de la circulation des messages de haine sur les réseaux sociaux, le fact-checking, collecte de données sur les discours de haine au niveau communautaire ou à travers les médias traditionnels, … Les séances seront animées à tour de rôle par des organisations membre du groupe au bénéfice des autres et en cas de nécessité, une expertise externe pourra être sollicitée pour certains sujets.
Selon, Pascal Chirhalwirwa, Directeur Général de COMUS, l’intégration de sa structure dans ce groupe de travail est une opportunité de travailler avec d’autres acteurs et d’apporter une contribution dans lutte contre un mal qui détruit notre société et qui met en danger les vies humaines. « En tant que cabinet de Consultance et Incubateur des projets portés par des jeunes dans l’entreprenariat, COMUS travaille d’une manière ou d’une autre sur des questions en lien avec la lutte contre le discours de haine et la désinformation » a-t-il dit. Il estime que le contexte de crises multiples à l’Est de la RDC, la problématique d’accès très limité à l’emploi en particulier pour les jeunes et la dynamique d’évolution à grande vitesse du numérique ont modifié les habitudes communicationnelles avec une forte incidence sur les relations interpersonnelles ; un situation qui accentue le phénomène de propagation des fausses informations et fait monter en puissance les discours de haine au sein des communautés. « Nous travaillons pour promouvoir le professionnalisme et l’employabilité des jeunes notamment. Nous pensons que le manque d’emploi, tout comme les inégalités ou plus généralement le climat malsain en milieu de travail constituent entre autres facteurs qui créent la frustration et la méfiance entre les individus et qui peuvent servir des terreaux à la propagation des discours de haine et de la désinformation. Notre intégration dans ce groupe de travail, va nous permettre de nous engager davantage sur ce sujet avec beaucoup plus de compétences et d’efficacité en faisant route avec d’autres acteurs», a conclu Pascal Chirhalwirwa.
