Le jeudi 26 février 2026, l’organisation Actions Médias et Développement (AMD), en partenariat avec COMUS et le Pulitzer Center, a organisé un dialogue consacré à la « Gouvernance climatique » au stade 20 000 places, dans la salle de conférence du Conseil consultatif de la jeunesse à Bangui. Plusieurs membres de l’Association des Blogueurs Centrafricains ont également pris part à cette rencontre. Un documentaire pour lancer le débat
Les travaux se sont ouverts par la projection d’un documentaire sur l’exploitation de l’or en République Démocratique du Congo, financé par le Pulitzer Center. Le film a mis en lumière les conséquences environnementales de l’activité minière, tout en interrogeant la responsabilité des différents acteurs impliqués dans la gestion des ressources naturelles.
À travers cette initiative, les organisateurs ont voulu poser les bases d’un échange franc sur la transparence, la redevabilité et l’implication citoyenne dans la gouvernance climatique en RCA.
Rocard MALEYO, coordonnateur de la Campagne pour lui « Sensibiliser les communautés face à l’épineuse question environnementale. Cette campagne vise à éveiller les consciences sur l’épineuse question de la protection de l’environnement face aux changements climatiques ». Il a insisté sur le rôle stratégique des médias dans la mobilisation sociale et dans le suivi des engagements publics en matière environnementale.
Pour sa part, Anicet KYANSEM, géologue et spécialiste des ressources et de l’eau, a rappelé que le gouvernement centrafricain a entrepris plusieurs démarches dans le cadre de la protection de l’environnement. Il a indiqué que « plusieurs projets ont été engagés pour encadrer l’exploitation des ressources naturelles et protéger les écosystèmes. Toutefois, il a reconnu que « des efforts supplémentaires sont nécessaires pour garantir l’application effective des textes et le respect des normes environnementales sur le terrain ».
Intervenant sur le plan juridique, Fabrice MODOMPTE, juriste et spécialiste en droit minier, a souligné que la République centrafricaine a ratifié plusieurs textes relatifs à la protection de l’environnement.
Cependant, il a déploré que « certaines sociétés exploitant le sol et la forêt ne respectent pas leurs engagements, notamment en ce qui concerne les cahiers des charges et les obligations environnementales ». Pour lui, le défi majeur réside dans le contrôle et l’application rigoureuse des dispositions légales existantes.
De son côté, Rosmon ZOKOUE, journaliste, expert en communication stratégique et président de l’ABCA, a adopté un ton plus critique. Il a vivement dénoncé la gestion politique de la protection de l’environnement en République centrafricaine.
Selon lui, « le pays accuse un retard considérable par rapport à d’autres nations en matière de gouvernance climatique. Une réforme réelle et profonde du système de gestion des ressources naturelles », estimant que la volonté politique demeure insuffisante face à l’ampleur des enjeux.
Des recommandations concrètes
Au terme des échanges, les journalistes ont recommandé la création d’un réseau national dédié à la protection de l’environnement et à la lutte contre le changement climatique. Ils ont également proposé la réalisation d’un nouveau film documentaire, le renforcement des capacités des professionnels des médias et un plaidoyer pour un meilleur accès aux données relatives aux exploitations minières.
Les associations, quant à elles, ont appelé à une synergie accrue entre les organisations environnementales, à l’organisation de campagnes de sensibilisation de masse, y compris en zones rurales, et à une vigilance renforcée du gouvernement quant à l’exploitation des ressources naturelles.
À travers ce dialogue, AMD COMUS et leurs partenaires entendent interpeller la jeunesse et l’ensemble des parties prenantes sur l’urgence climatique. L’objectif affiché est de promouvoir une gouvernance plus transparente, inclusive et responsable, afin de garantir un avenir durable aux générations futures.
Tania Kalou/PULSE MEDIA RCA
